LG, Apple, web mobile et design interactif

Hier, j'ai été confronté à 2 pubs, une affiche pour le nouveau Mobile LG - le Shine(KE970) - et une newsletter d'Apple pour l'iPhone, et me suis dit que j'avais bien fait de devenir designer interactif. J'avais déja écrit un post sur le M900 de Samsung pour montrer à quel point on pouvait nier l'usage d'un produit pour ne parler que de son esthétique, de son paraître. Pourquoi LG emprunte-il le même chemin? Simplement parce que ces messieurs n'ont rien d'autre à vendre qu'un produit déjà connu - téléphone + appareil photo + lecteur MP3.
Je discutais l'autre jour avec Jean-Charles Gaté de Design Fax, et j'argumentais que l'iPhone allait changer la donne et réussir là où Palm, Windows Mobile ou Nokia se sont plantés. Comment? En appliquant la recette miracle 'Apple': ne jamais subordonner l'usage au produit. Avec la même approche verticale que pour l'iPod, Apple ne va pas vendre un produit mais créer - en partenariat avec un opérateur - l'ecosystème qui va permettre à un nouvel usage de se développer. Quel nouvel usage? Le Web Mobile!
Je me moque de savoir que le nouveau joujou d'Apple ne soit pas compatible 3G - je ne sais même pas ce que cela signifie. Une seule chose m'importe: si l'expérience du web Mobile d'Apple est satisfaisante, si je peux surfer où je veux quand je veux avec un forfait Internet illimité, j'achète!
Et pour répondre à Jean-Pierre Vitrac sur ce qu'est un designer interactif, je peux dire aujourd'hui qu'il ne s'agit pas d'un designer d'interfaces ou d'un designer de l'information mais plus simplement d'un designer qui ne subordonne jamais l'usage au produit. Et cela qu'elle que soit le champ d'application - numérique ou non.
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4 commentaires:
La réussite aussi de l'iPhone, d'avoir réussi à dématérialiser le produit et matérialiser l'interface. Comment se fait-il qu'il n'existe pas de stylet ? Chose simple ils ont juste observé le comportement des gens des smartphones et autres palm, une grande majorité utilise leurs doigts...
En ce qui concerne qu'est qu'un designer interactif, c'est sans un designer de l'usage à la croisée de l'interface et de l'information. Un seul problème, c'est un peu long sur une carte de visite ! So I take care that !
Je suis du même avis que vous sur la problématique de l'usage.
L'ouverture sur le "designer interactif", me satisfait moins. Non pas dans tant dans la définition, que je trouve subtile et à laquelle je ne peux qu'agréer, mais dans le terme "interactif" même.
En effet, je me suis toujours demandé, sans doute Vitrac et Gaté aussi, si un designer qui crée et conçoit un produit selon le rapport comportemental qu'intitie celui-ci avec son destinataire, peut être lui-même qualifié d' "interactif". Cet adjectif ne qualifie-t-il pas que le produit en réalité ?
Si le designer lui-même est "interactif", cela soulève aussi la question d'autres designers qui ne seraient pas "interactifs". Ou encore appuie le pléonasme en arguant que le métier de designer est par essence "interactif".
Vous comprenez, mon problème est essentiellement linguistique. Car à l'heure ou ce métier se développe, cela me semblerait une gageure de répéter les approximations passées, qui peuvent freiner durablement sa perception. Et vous le savez aussi bien que moi sans doute, les choses existent parce qu'on les désigne.
Un exemple me vient en tête le terme "travail collaboratif". Une simple traduction littérale de l'anglais. Un principe aussi vieux qu'Internet.
Aujourd'hui il reveient comme s'il n'avait jamais existé, avec ce satanné web 2.0, sous la forme du "contenu participatif".
Il y a une telle approximation dans le terme de départ, qu'on peut tout y fourrer. C'est l'avantage des pléonasmes; un travail est forcément collaboratif, sinon c'est un hobbie. Donc quel intérêt de faire du "travail collaboratif". Sans évoquer ce que ce mot suscite dans la mémoire collective.
Puis on s'est rendu compte que ce n'est pas le travail qui est "collaboratif", mais que ce mot qualifiait le produit de ce travail : le contenu. Un produit obtenu de façon "participative".
De la même manière, que sommes-nous si les produits que nous concevons sont "interactifs" ?
Je n'ai toujours pas de réponse satisfaisante.
A bientôt et bonne continuation.
Pareil pour l'ipod... aurait il aussi reussi sans son interface [itunes] ?
j ajoute ton blog a mon google reader, en esperant se voir a une prochaine reu des designers interactifs peut etre ?
Gabriel
L'iPhone a la force de faire disparaître le produit 'physique' pour laisser place à la couche interface qui devient l'élément principal du produit et de son identité. C'est quasiment l'inverse de ce qui se passait jusqu'ici (surtout dans le domaine de la mobilité), et c'est un gros coup boost pour nos métiers.
Quant à la définition de 'designer interactif', j'aurai tendance à préférer 'designer d'interaction'. L'avantage est que ce n'est pas connoté du domaine (qui semble devenir vieillot) du 'multimédia'.
Selon moi, il faut désormais intégrer les interactions que l'on entretient avec les objets eux même et plus seulement avec les interfaces graphiques (qui disparaissent dans certains cas).
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